Jeff McViler - Détective Privé
Qui est Jeff McViler ?

Je m'appelle Jeff McViler et je suis détective privé.

ça en jette, hein ?

La réalité est malheureusement un peu moins glamour.

Que l'on m'appelle monsieur McViler, souvent McViler, parfois Jeff, rarement ou plus couramment Mac, cela ne change rien à rien car en fait je me nomme Jean-Fulbert de Mackwiller. Eh oui, un père alsacien et une mère bretonne, ça donne ça. Si au Scrabble ça permet d'établir un score d'enfer, sur la carte de visite d'un privé ça fait tout simplement ridicule.

Je n'ai pas toujours été détective et dans ma vie précédente, mon patronyme avait plutôt tendance à me servir.

Sans vous raconter mon passé dans le détail, je peux, néanmoins, vous en livrer les grandes lignes.

Si j'ai passé une grande partie de ma jeunesse en Bretagne, au milieu de mon adolescence la famille a pris la direction de la capitale. Là-Bas j'ai enchaîné une scolarité brillante en passant par les établissements les plus réputés, puis un complément universitaires aux States et me voici embauché, à prix d'or, dans une grande société d'analyses financières.

Toujours entre deux avions, deux chambres d'hôtels de luxe, j'avais alors une vie enviable. Très bel appartement non loin du Trocadéro, dans le seizième arrondissement, l'hiver à Gstaadt ou Saint-Moritz, l'été entre Saint-Tropez et Miami. En fait partout où se regroupaient mes principaux clients. c'était une sorte de suivi personnalisé qui n'était pas pour me déplaire.

Question vie privée, je n'étais pas à plaindre non plus.

Je vivais avec une superbe créature aux mensurations de top model. Elle avait toutes les qualités dont peut rêver un homme : excessivement belle, effroyablement sexy, sexuellement affolante, intelligemment stupide. Elle pouvait dépenser l'équivalent du PIB d'un pays émergent en une après-midi de shopping.

Bref, tout allait pour le mieux, jusqu'au jour où tout à basculé.

Un jour comme un autre et pourtant il s'est transformé en cauchemar. Vous savez cette impression de recevoir une pluie de parpaings sur la tronche avant d'être achevé par un déluge d'enclumes.

Ben là, c'était pareil mais en pire.

Tout a commencé par un client en délicatesse avec la justice qui n'a rien trouvé de mieux que de me charger pour tenter de sauver sa peau. Forcément, mon employeur n'a pas réellement apprécié et n'avait pas véritablement envie de voir la brigade finincière et un juge fouiller dans ses tiroirs.

Déjà là c'était pas mal engagé.

Alors, je suis rentré chez moi. Là, j'y ai trouvé la femme, que je croyais être celle de ma vie, à quatre pattes sur le lit. Seulement, celui qui était derrière elle et la faisait crier, ce n'était pas moi.

ça m'a fini.

J'ai quitté tout ce cirque pour venir m'installer ici, à Pontivy, dans la maison de mes grands-parents maternels. Après avoir glandé un bon moment, essayé de me reconstruire comme l'on-dit, j'ai enfin pris le taureau par les cornes.

C'est mon voisin, Goulwen, le patron du Breizh bock, le bar où j'ai usé une partie de mes économies et de ma santé, qui m'a suggéré de devenir détective.

A force d'insister, il m'a convaincu et j'ai suivi une formation.

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi j'ai anglicisé mon nom.

Et puis, je dois bien vous l'avouer, c'est aussi pour ressembler à mes héros de jeunesse comme Mike Hammer ou Philip Marlowe.

Comme Magnum avait sa Ferrari, Nestor Burma son coupé 504, deux autres de mes personnages fétiches, moi j'ai tapé dans le plus classique et je roule en coupé Mercedes SLK, dernier vestige de ma gloire passée.

C'est ainsi que je suis devenu détective privé. Comme je vous le disais en introduction, ça en jette, ça fait rêver mais, dans la réalité c'est beaucoup moins drôle.

Il ne faut pas croire que comme dans les romans ou dans les films je suis tous les jours sur des affaires hors du commun, des dossiers d'enfer qui font tomber la monnaie dans les caisses, assoient une renommée pour la postérité.

Pas du tout.

Mon quotidien ce sont les filatures d'hommes, ou de femmes, dont les conjoints soupçonnent que les démangeaisons qu'ils ont sur le sommet du crâne sont un signe annonciateur de leur infortune.

Je ne pensais pas qu'il y avait matière en centre bretagne, ben si. Finalement ça me va bien, ça fait bouillir la marmite.

C'est fou ce que les gens sont prêts à dépenser pour obtenir une certitude.

De temps en temps, des entreprises me demandent de surveiller tel ou tel employé suspecté d'être indélicat. J'ai aussi des familles qui me demandent de rechercher des personnes qui ne donnent plus signe de vie, surtout dans le cas d'un héritage en attente.

Que du classique.

Et puis, parfois, il y a une belle affaire qui tombe. celle qui fait que j'aime bien ce métier. celle qui va me changer de la routine, me faire sortir des sentiers battus, m'obliger à me triturer les méninges pour arriver à la solution.

Ce n'est pas tous les jours, mais il y en a.

Ce sont celles-là que je vous raconterai.